Préserver un bien du patrimoine mondial et sa valeur universelle exceptionnelle
Les sites du sien sériel « sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes » sont souvent situés dans des lacs ou des tourbières ; peu d’entre eux sont visibles et ils sont difficiles d’accès. Ils sont exposés à divers dangers : l’activité de construction intensive, l’assèchement des sols, l’action des vagues, mais aussi les activités touristiques qui endommagent gravement ces sites palafittiques, notamment par l’érosion et la destruction. Ce qui a survécu pendant des milliers d’années risque de disparaître en quelques années seulement. La surveillance et l’entretien réguliers de ces sites, ainsi que leur exploration, constituent donc une priorité absolue. L’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO vise à faire prendre conscience de l’importance particulière des sites palafittiques et de leur valeur universelle exceptionnelle (VUE), et à sensibiliser le public à la nécessité de les protéger. Les pays concernés ont la responsabilité commune de préserver et d’étudier ce patrimoine culturel subaquatique unique, et de faire connaître sa valeur particulière.
Risques et dangers
Conséquences du changement climatique
les phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les sécheresses prolongées, les températures extrêmes et les violentes tempêtes, constituent une menace pour les sites situés en zone humide ou dans les tourbières. Les fluctuations du niveau d'eau et des nappes phréatiques entraînent des modifications de l'environnement humide de ces sites ou peuvent parfois les assécher complètement. Des températures élevées persistantes, même en hiver, favorisent la propagation d'espèces végétales et animales envahissantes, qui peuvent mettre en péril ces sites en les envahissant ou en les utilisant comme frayères.
Travaux de construction
Dans les villes et les régions fortement peuplées, l’équilibre entre les travaux de construction et la préservation des vestiges archéologiques est une préoccupation constante. Une coopération étroite entre le maître d’ouvrage et les autorités chargées de la protection du patrimoine est essentielle afin de prendre en compte les différents besoins en présence. Selon la législation applicable en matière de protection des monuments et l’emplacement du site dans une zone de protection archéologique ou une zone constructible, les autorités compétentes peuvent imposer certaines conditions, telles que l’interdiction de construire des sous-sols ou l’obligation de recouvrir largement les sites concernés. D’autres mesures peuvent également être requises, notamment des adaptations des méthodes de construction, comme l’augmentation de l’espacement entre les piliers en béton ou entre d’autres éléments de construction qui s’enfoncent profondément dans le sol.
Gestion de l'eau et fréquentation touristique des lacs
La fréquentation touristique croissante des lacs fait peser un risque sur les sites palafittiques pour diverses raisons : ceux-ci qui sont situés sur les rives ou dans des eaux peu profondes sont particulièrement exposés aux mouvements des vagues provoqués par les moteurs des bateaux ou par une mauvaise utilisation des ancres. En particulier lorsque le niveau de l'eau est bas en raison de la sécheresse, de nombreux sites sont si peu immergés que les activités de loisirs et sportives nautiques constituent également une menace potentielle pour les sites. Parmi les mesures de protection efficaces, on peut citer la couverture des sites avec du géotextile et du gravier, la mise en place de zones sans ancrage et de clôtures, ainsi que l'installation de panneaux sur ou dans l'eau informant les visiteurs sur le site du patrimoine mondial et de la nécessité de le protéger.
Utilisation agricole des tourbières
Les tourbières sont souvent drainées, par exemple afin de les rendre aptes à l’agriculture. Des mesures actives visant à contrer cette situation sont fréquemment mises en œuvre dans le cadre d’une étroite coopération entre la protection de la nature et la préservation du patrimoine archéologique. Parmi les mesures de protection éprouvées figurent l’acquisition ou l’échange de terrains ainsi que la remise en eau des sols. Cette dernière entraîne une élévation du niveau des eaux souterraines, garantissant ainsi le maintien d’un environnement humide indispensable à la flore et à la faune, tout comme à la conservation des sites archéologiques.
Monitoring et protection
„Le monitoring consiste à surveiller des processus. Il s’agit d’un terme générique qui englobe toutes les formes d’enregistrement, de mesure ou d’observation systématiques d’une procédure ou d’un processus au moyen d’outils techniques ou d’autres systèmes d’observation. L’une des fonctions du monitoring est de vérifier qu’une procédure ou un processus observé évolue conformément aux objectifs fixés et que certaines valeurs seuils sont respectées, afin de pouvoir intervenir et le réguler si tel n’est pas le cas. Le monitoring constitue ainsi une forme particulière de suivi et de consignation des données (logging)."
En inscrivant ces sites sur la Liste du patrimoine mondial, les six pays participants se sont engagés à assumer conjointement la responsabilité de ces sites et à leur assurer la meilleure protection possible afin de préserver le site du patrimoine mondial et sa valeur universelle exceptionnelle pour les générations futures. Le statut de l'UNESCO n'offre en soi aucune protection supplémentaire aux sites. Celle-ci dépend de la situation juridique en vigueur dans chaque pays. Une surveillance régulière constitue un outil essentiel pour mettre en place des mesures de protection appropriées et efficaces. Il existe diverses mesures à cet effet, telles que la mesure du niveau d'eau à l'aide de piézomètres, la mise en place et la lecture régulière de repères d'érosion, la surveillance de facteurs tels que la température de l'eau, la végétation, l'action des vagues, etc. La fréquence de la surveillance et les mesures prévues sont propres à chaque site et peuvent varier en fonction de la situation et de l'emplacement de chaque site. En 2023, le groupe de travail « Monitoring Underwater Heritage » (MUH) a été créé au sein du Groupe de coordination international. Il est composé de représentants des gestionnaires de sites et d’experts externes en archéologie subaquatique de chaque pays. Les objectifs du groupe de travail sont d’échanger des expériences, notamment en ce qui concerne l’impact croissant du changement climatique sur les sites, et d’élaborer des recommandations pour une norme minimale commune de surveillance des sites palafittiques subaquatiques. Depuis 2025, un autre groupe de travail se consacre de manière similaire aux sites en zones humides.
Liens
AUTRICHE
RIS - Denkmalschutzgesetz - Bundesrecht konsolidiert, Fassung vom 18.03.2023
FRANCE
Code du patrimoine - Légifrance
ALLEMAGNE
Bade-Wurttenberg
Denkmalschutzgesetz DSchG
Bavière
Bayerisches Denkmalschutzgesetz BayDSchG
SUISSE
Office fédéral de la culture OFC
Recherche et méthodes
Archéologie subaquatique
L'archéologie subaquatique s'intéresse aux vestiges archéologiques de toutes périodes qui se trouvent sous l'eau. Elle se divise en plusieurs domaines, tels que l'archéologie maritime, l'étude des épaves, l'archéologie dans les rivières et les lacs. Toutes les traces de présence humaine sous l'eau datant d'au moins cent ans sont protégées par la Convention de l'UNESCO sur la protection du patrimoine culturel subaquatique. Cette convention vise à prévenir la destruction ou la perte d'informations historiques et culturelles, ainsi que le pillage.
Archéologie des zones humides
Archéologie des zones humides L'archéologie des zones humides s'intéresse aux vestiges et découvertes de toutes périodes qui se trouvent dans des tourbières ou d'autres lieux où l'environnement du sol, constamment humide, offre des conditions particulières propices à la conservation des matières organiques. Outre les tourbières, les zones aux sols gorgés d'eau, les anciens méandres fluviaux, etc. peuvent également présenter des conditions similaires. Les plus anciennes roues en bois d'Europe centrale, ainsi que des planchers en bois, proviennent de sites palafittiques situés dans des tourbières, comme ceux découverts dans la région de Federsee (Bade-Wurtemberg) ou dans la tourbière de Laibach (Slovénie). Il existe d'autres sites archéologiques en Europe où la conservation est favorisée par un sol humide, tels que le site mésolithique de Star Carr (Grande-Bretagne ; lien), le site néolithique ancien de La Draga (Espagne, lien) et le centre commercial viking de Haithabu (Allemagne ; lien), qui, avec le Danevirke, figurent également sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2018.
Liens
AUTRICHE
Kuratorium Pfahlbauten
FRANCE
DRASSM
ALLEMAGNE
Unesco Pfahlbauten: Arbeitsstelle Hemmenhofen
BGfU - Unterwasserarchäologie in Bayern
Arbeiten unter Wasser – Terra Mare
Uwarc - Archäologie unter Wasser
Forschungstaucher-Ausbildung – ArchaeoTask
SUISSE
Unterwasserarchäologie | Stadt Zürich
Tauchequipe Archäologischer Dienst Bern
Le Centre - Centre Romand d'Études d'Archéologie Subaquatique et Sous-Marine